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T’as où les vignes? Ou la force de la traçabilité

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Cécile Collet
L’ouverture du contingent d’importations de vins étrangers en 2001 a fait craindre le pire: comment notre pâle chasselas pourrait-il régater face au réputé chardonnay bourguignon? Et notre bon vieux gamay face au barolo piémontais?

Les résultats de l’étude 2017 sur les habitudes de consommation des vins en Suisse ont de quoi nous faire bomber le torse: le Suisse boit moins (à part le Romand…), c’est vrai, mais il boit suisse! Une tendance observée de manière encore plus flagrante au restaurant, où les vins du cru grignotent quelques pour-cent à chaque étude depuis 2004. Mieux, près de la moitié des sondés choisissent du vin suisse lorsqu’il s’agit de l’offrir.

La principale raison de cette évolution? Les gens (55%) veulent «boire local», réclament de la traçabilité, font confiance aux produits qu’on «connaît mieux». Le passage au 0,5‰ a sonné le glas du «qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse», les scandales alimentaires à répétition ont déroulé le tapis rouge aux produits locaux.

Le vin suisse ne peut que profiter de ce changement de paradigme. Issu de petites productions, favorisant toujours plus le terroir, il relie celui qui le boit à un bout de vigne qu’il peut visualiser, placer sur une carte au 1:25 000, dont il a même parfois rencontré le producteur.

Et si Lavaux grimpe dans les sondages, c’est que l’identification atteint là son comble: ce vignoble bien de chez nous est reconnu de manière universelle depuis 2007. Comme la Bourgogne ou le Piémont, mais en plus petit.