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Pully bannit le glyphosate dans ses vignes

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Marie Nicollier, photo Patrick Martin

La Commune va abandonner progressivement l’usage du désherbant controversé.

L’an dernier, un postulat de trois élus (socialiste, Vert et PLR) réclamait «du vin sans glyphosate» et l’adoption d’une culture biologique de la vigne. Les autorités pulliéranes ont saisi le message. Elles ont débloqué 80'000 francs pour l’achat de machines désherbantes et de paillage en vue de bannir l’utilisation du glyphosate dans les 3,5 hectares de vignoble communal. «Progressivement, sur cinq ans», précise le préavis voté le 21 novembre.

La Municipalité va aussi tester la viticulture biologique sur 20% du vignoble, à titre expérimental, pendant trois à cinq ans. Elle décidera ensuite d’abandonner le processus ou de le généraliser. «Une bonne nouvelle mais un choix pas très osé, commente Dimitri Simos (Les Verts), l’un des auteurs du postulat. Il y a une possibilité que l’on ferme la porte à la viticulture biologique après cette phase test. J’aurais préféré qu’on laisse complètement tomber la chimie pour passer au bio.»

Herbicide controversé, le glyphosate est considéré comme un «cancérigène probable» par l’Organisation mondiale de la santé. Certes, la Confédération l’autorise et l’Union européenne a renouvelé pour cinq ans sa licence d’exploitation, mais les limitations se multiplient. Le Canton de Vaud s’engage ainsi à renoncer à pulvériser du glyphosate sur ses domaines agricoles, viticoles et arboricoles d’ici à 2022. Lausanne a banni tous les produits chimiques dans ses vignes de La Côte et étudie une conversion à la viticulture bio dans son vignoble de Lavaux. Du côté de Bourg-en-Lavaux, faute de consensus au sein de la Municipalité, rien n’interdit l’usage du désherbant. La municipale Nicole Gross indique qu’«en tout cas un de nos trois vignerons n’utilise pas d’herbicide.»