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Pierre Keller doit quitter l’Office des vins vaudois

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Marie Tschumi, image Vanessa Cardoso
À la fin de l’année, l’actuel président abandonnera ses fonctions pour raison d’âge. Il sera remplacé par Michel Rochat.

«Je suis trop vieux!» Pour Pierre Keller, 2018 sera l’année de ses 73 ans mais aussi sa dernière cuvée en tant que président de l’Office des vins vaudois (OVV). Un départ quelque peu «forcé». Comme le précise Philippe Leuba, conseiller d’État vaudois, la loi ne prévoit en effet pas de reconduire, à partir de 70 ans, un tel mandat pour une période de cinq ans. Une décision donc imposée à l’actuel président, qui ne s’en plaint pas pour autant. «Je suis content parce que j’avais envie d’arrêter. J’ai fait ma part. J’ai accompli mon travail.»

Selon le site thomasvino.ch, c’est Michel Rochat, actuel directeur général du groupe de l’École hôtelière de Lausanne (EHL), qui reprendra les rênes de la présidence à la fin de l’année. Un successeur sur lequel Pierre Keller ne tarit pas d’éloges: «C’est un excellent choix. Je suis très heureux. C’est un ami avec qui j’ai travaillé par le passé. Il est très correct et compétent. C’est quelqu’un de remarquable.» Un avis partagé par François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons, qui se réjouit de cette nouvelle nomination. Même s’il avoue ne «pas du tout connaître» Michel Rochat, le poste qu’il occupe actuellement fait de lui le «candidat rêvé»: «Il a, paraît-il, un très bon réseau en Suisse et dans le monde. Il est également bien présent dans l’hôtellerie et la restauration. C’est un plus. Il fallait surtout quelqu’un avec un carnet d’adresses, du temps et de la passion. Dans ce sens, il a toutes les qualités requises pour un tel poste.» Et de préciser que si Pierre Keller quitte ses fonctions à la fin de l’année, c’est dû uniquement à son âge et en aucun cas à ses compétences.

Plus de six ans après l’arrivée à la présidence de l’OVV de l’ancien directeur de l’ECAL, François Montet rappelle qu’il a fait du «très bon travail» et que le bilan est positif. Il constate notamment que la visibilité des vins vaudois s’est améliorée ces dernières années et que la notoriété est plus grande qu’avant. Sans oublier la bonne dynamique et l’excellente collaboration des différents acteurs. Notamment celle entre Nicolas Joss, Pierre Keller et Philippe Leuba. «Si j’écoute des collègues ailleurs en Suisse, je sais qu’ils nous envient. Dans le canton de Vaud, ça fonctionne bien, les gens se parlent. Tout le monde tire à la même corde.»

Nouveau directeur en mars

Outre l’arrivée future de Michel Rochat à la présidence, l’Office des vins vaudois se prépare déjà à un autre changement de taille qui aura lieu au mois de mars prochain. Le directeur Nicolas Joss sera effectivement remplacé par Benjamin Gehrig, aujourd’hui chargé de projet à l’OVV et également issu de l’École hôtelière. Daniel Dufaux, membre du conseil d’administration de Swiss Wine Promotion, salue cette décision: «Il connaît déjà tous les rouages de l’OVV, le changement de direction va très bien se passer.» Quant au tandem que formaient Nicolas Joss et Pierre Keller, «que l’on cautionne ou non ce dernier», il le juge «très performant» et estime qu’«il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement entre Benjamin Gehrig et Michel Rochat».

L’avenir réserve donc de belles surprises. Mais il faut aussi rester réaliste. «Le marché des vins suisses est difficile, la situation n’est pas très bonne. On se réjouit donc de la suite. Mais il y a encore du travail. Un défi les attend», conclut Daniel Dufaux.