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Michel Rochat «ne va pas se gêner» pour faire rayonner les vins vaudois

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Marie Tschumi
Le directeur de l’École hôtelière de Lausanne a été nommé à la tête de l’Office des vins vaudois. Il entrera en fonction dans un an.

La tâche ne sera pas de tout repos. Mais tout laisse à croire que Michel Rochat est prêt à relever le défi. Dans une année, le natif de Forel (Lavaux) prendra la tête de la présidence de l’Office des vins vaudois (OVV). Il remplacera Pierre Keller qui doit s’en aller pour raison d’âge («24 heures» du 5 janvier). Personnage haut en couleur, figure charismatique et parfois controversée, ce dernier n’a pas hésité, durant son mandat, à casser les barrières du politiquement correct pour un maximum de visibilité. À l’image de son fameux slogan «Le monde s’incline devant les vins vaudois».

«Il fallait oser!» s’amuse à rappeler le conseiller d’État Philippe Leuba, qui reconnaît toutefois que de telles démarches ont permis de «dépoussiérer la promotion des vins vaudois». Accrocher, quitte à faire polémique… Michel Rochat compte lui aussi poursuivre sur cette lancée: «Faire preuve d’audace? Alors ça, c’est certain. Je ne vais pas me gêner. Pierre a posé une première trace, on va continuer, dans le même tonneau!»

Diplômé de HEC Lausanne et titulaire d’un master à l’EPFL, l’ancien directeur général de l’enseignement supérieur du canton de Vaud a plus d’une corde à son arc. Membre du conseil du Tourisme Suisse, de la Confrérie de Guillon et du jury de Suisse Tourisme, il occupe actuellement le poste de CEO du groupe de l’École hôtelière de Lausanne (EHL). Une multitude d’activités qu’il ne compte pas abandonner. Même si Pierre Keller avoue lui-même ne pas avoir tout de suite réalisé l’ampleur du travail qui l’attendait à l’OVV: «On me parlait de cinq séances par année, finalement c’est un mi-temps!» À 61 ans, Michel Rochat, ne recule devant rien. «C’est justement mon plaisir d’ajouter une pièce au puzzle. Beaucoup me disent que je ne trouverai pas le temps, mais c’est faux, je sais bien m’organiser. Je fais déjà beaucoup de choses, oui, mais je suis rarement fatigué et j’ai beaucoup d’énergie.»

Enfant du Pays de Vaud, de parents «très modestes, instituteurs de campagne», Michel Rochat a accepté cette mission sans hésitation. Une manière pour lui de rendre au canton ce que ce dernier lui a offert jusqu’à présent: «J’ai profité d’écoles de très haut niveau, qui m’ont énormément aidé pour ma carrière professionnelle. Je trouve que, maintenant, c’est le moment pour moi de rendre ce que j’ai reçu. J’ai plaisir à contribuer à notre développement économique. C’est ma motivation essentielle.» Booster le marché des vins vaudois donc, en commençant par la Suisse: «Le rayonnement à l’étranger est important, mais on a souvent tendance à négliger le marché local. C’est l’erreur qu’on fait. Il faut réaffirmer la qualité de nos vins auprès des Suisses. Mon réseau en Suisse alémanique, très fort, pourra aider cette promotion.»

Face à ce challenge de taille, Michel Rochat peut effectivement s’appuyer sur un carnet d’adresses particulièrement fourni. À la tête de l’EHL et de dix écoles portant ce label dans le monde, il assure vouloir valoriser les vins vaudois par ses réseaux et ses voyages. C’est d’ailleurs ce qui ressort des discours des différents acteurs du marché: ses connexions font de lui un personnage à part et le candidat idéal. Philippe Leuba s’enthousiasme: «Avoir un tel réseau, c’est tout simplement incroyable. C’est une chance exceptionnelle pour la viticulture du canton.»

Dès le 1er juillet, Michel Rochat prendra déjà part aux séances du comité avant d’occuper entièrement le poste de président à la fin de l’année. À ses côtés, Benjamin Gherig, futur directeur, fera aussi partie des nouveaux nommés.