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L'Oenotourisme a éclos et quitte le patronage de l'État

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Cécile Collet

Le projet Vaud OEnotourisme, lancé en 2014, et ses 2,5 millions de francs cantonaux passent en mains d'une association.

Une fois n'est pas coutume: pour résumer le chemin parcouru en cinq ans par le projet Vaud OEnotourisme, lancé en 2014 par le Canton avec une manne publique de 2,5 millions de francs, on laissera exceptionnellement la parole au directeur de l'Interprofession de la vigne et du vin du Valais, Gérard-Philippe Mabillard: «Vaud a placé la Suisse sur la carte oenotouristique du monde!»

La phrase n'est pas pour déplaire à Philippe Leuba, ministre de l'Économie et de la Viticulture, qui a chapeauté le projet et en tirait le bilan ce lundi au Cellier d'Échallens. Elle ravit aussi Yann Stucki, chef de projet. Il reprendra le flambeau dans un partenariat publicprivé avec Swiss Creative, la nouvelle société qu'il a montée avec les fondateurs du Cellier et de Provino, Landry Pahud et Michael Brülhart. Les trois entrepreneurs seront mandatés par la nouvelle Association Vaud OEnotourisme, qui réunit désormais les filières concernées par le tourisme gourmand, présidée par Andreas Ban
holzer, directeur de l'Office du tourisme vaudois, secondé par Gilles Meystre, président de GastroVaud.

Le fait que les filières se réapproprient le projet était prévu dans les objectifs de base. Aussi, les 2,5 millions sur cinq ans ont été dépensés jusqu'au dernier centime, «sans quel franc soit dévolu à l'administratif», se réjouit Philippe Leuba. Il était également question que chaque franc public soit compensé par un investissement égal des filières. «Les 2,5 millions dépensés par le Canton ont généré quelque 6 millions d'investissements. Soit plus que les 50% exigés au départ!»

Parmi les éléments concrets nés durant ces cinq années, on peut notamment énumérer les quelque 70 producteurs, hôteliers ou institutions «certifiés» qui constituent le réseau Vaud OEnotourisme, la création du Prix et des Rencontres suisses de l'cenotourisme, la rédaction d'un manuel inédit dédié aux professionnels de l'accueil et du goût, huit balades autour de la culture de la vigne et un portail internet (www.vaud-oenotourisme.ch) qui répertorie l'offre existante. Durant ce même temps, on a vu se développer les initiatives personnelles ou communes et fleurir les points de vente de type oenothèques dans les villages vignerons. «C'était un travail de fond: il a fallu expliquer la valeur ajoutée de l'cenotourisme à ses acteurs, puis les former, les fédérer et enfin organiser l'offre, explique Yann Stucki. Tout cela a poussé les gens à innover!» 

À l'heure du bilan, le réseau semble être l'élément le plus important à préserver et à développer, c'est lui qui crée l'émulation. Et l'idée est bien d'aller voir plus loin que le bout de son nez: en 2019, le 3e Prix suisse de l'cenotourisme, né en terres vaudoises, aura lieu à Chamoson (VS). Par ailleurs, un Swiss Wine Tourisme Tour est en préparation. Il emmènerait les amateurs de vin de Porrentruy à Visperterminen (VS), en passant par Lausanne, désormais inscrite parmi les grandes capitales du vin.