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«La Semaine du goût reste une plate-forme formidable»

  • Vendredi 08 septembre 2017
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David Moginier, photo: Jean-Christophe Bott
Josef Zisyadis, directeur de la nouvelle fondation, voit dans l’événement une rencontre entre tous les acteurs suisses.

C’est sa 17e édition et il n’est toujours pas blasé. Josef Zisyadis, membre fondateur de la Semaine du goût suisse avec deux amis, est toujours là, fier d’avoir développé ce rendez-vous annuel avec des partenariats toujours plus nombreux.

Qu’est-ce qui a changé depuis la première Semaine du goût suisse en 2001?

D’abord, le rendez-vous est devenu national, avec plus de 2000 événements à travers tout le pays. Ensuite, nous sommes passés à un statut de fondation, avec un comité large et représentatif. Mais l’équipe qui conçoit la Semaine du goût est toujours aussi passionnée et se donne beaucoup.

De plus en plus de partenaires sont également autour de vous, non?

C’est notre fierté. Presque toutes les associations autour du goût nous ont rejoints, il nous en manque très peu. Et la Semaine du goût est devenue une plate-forme pour ces associations, une caisse de résonance qui leur permet de diffuser plus large qu’à leurs seuls membres. C’est aussi notre vocation de créer des contacts, de faire travailler des gens ensemble, restaurateurs, producteurs, artisans. Il y a de la place dans notre rendez-vous, ou dans notre magazine, pour ceux qui défendent ces valeurs.

Vous êtes aussi président de Slow Food Suisse, donc vous êtes également un partenaire.

Bien sûr, et Slow Food est très actif dans la Semaine du goût avec une cinquantaine d’événements dans le pays.

Comment vous financez-vous?

On reste toujours très fragile. Chaque fin septembre, il faut recommencer à trouver de quoi travailler. La Confédération nous offre 50 000 fr., ce qui est peu pour 2000 événements. Le total des contributions publiques représente 25% de notre budget et nous devons trouver le reste, sans travailler avec les grands distributeurs, interdits par notre charte. Si la Confédération se lançait davantage, il y aurait une émulation formidable, en particulier dans les écoles, qui sont un des fondements de notre action.

Justement, comment le projet avance-t-il dans les écoles?

C’est très divers à travers le pays, souvent lié au développement de la Fourchette verte dans ces cantons. Le modèle absolu est le Tessin, où toutes les écoles participent. Dans d’autres cantons, l’implication des pouvoirs publics n’est de loin pas aussi forte. Et nous n’avons pas la maîtrise de tout ce qui se passe dans les classes. Parfois, c’est dû à l’initiative d’un-e maître-sse et nous ne sommes même pas au courant.

Et quoi de neuf dans l’édition 2017?

Une centaine de nouveaux organisateurs se sont portés volontaires, ce qui est très réjouissant. L’arrivée de Bio Suisse a aussi été l’occasion de nouvelles rencontres. Et nous avons de plus en plus d’événements qui lient goût et culture, comme ce qui a déjà été fait au Livre sur les quais de Morges le week-end dernier. Mais aussi dans des librairies, au Musée romain de Vidy ou chez des organisateurs qui projettent des films.

Neuchâtel est Ville du goût cette année. Vous avez encore des villes candidates pour l’avenir?

Ce qui me réjouit, c’est que les villes se bousculent pour être notre capitale, et certaines y trouvent une émulation, comme Lausanne en 2012 et qui fait chaque année Lausanne à Table, ou Sion.