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Des vendanges précoces et un millésime prometteur pour le canton de Vaud

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24heures
Les vendanges devraient débuter mi-septembre avec dix jours d’avance. Hormis des épisodes isolés de gel et de grêle, le bilan viticole 2017 est très bon.

«Les moins belles parcelles de cette année sont toujours plus belles que les plus belles de l’année passée…» L’assertion ressemble à une charade Carambar. C’est le constat de François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons, à propos du vignoble du canton. En bref, les conditions météorologiques favorables ont tracé une voie royale pour un «très bon millésime».

Le constat est partagé par David Marchand, conseiller viticole à ProConseil. «C’est une année plutôt calme côté mildiou et oïdium (ndlr: deux maladies fongiques qui attaquent les feuilles puis le raisin), au même titre qu’on trouve peu de champignons en forêt. Du coup, le vignoble est très sain.» Rien à voir en effet avec l’été pluvieux de 2016, Annus horribilis pour le mildiou, où le feuillage était bruni par l’attaque du champignon. A l’heure où les derniers traitements sont faits, François Montet indique qu’il en aura fallu deux fois moins qu’en 2016.

Autre point positif, on a évité la sécheresse de 2015, qui avait fait perdre 30% de la récolte vaudoise. «On a eu peur à la mi-juillet au niveau du stress hydrique, mais aujourd’hui on est tiré d’affaire», rassure David Marchand. La canicule de juillet a même eu un effet positif: elle a décimé les colonies de drosophiles suzukii, qui devraient du coup causer bien moins de dégâts qu’en 2014. Amatrices de climats tempérés et humides, ces mouches avaient déjà fortement souffert en avril, lors des épisodes de gel et de froid.

Outre la grêle qui a touché Lavaux et Concise, ce gel, qui a parfois détruit des parcelles entières dans le Vully ou dans le Chablais, est «le seul bémol de l’année», selon François Montet. Alors que la majorité du vignoble a dix jours d’avance – les vendanges devraient débuter mi-septembre –, les parcelles gelées en ont quinze de retard, ce qui compliquera la récolte pour les producteurs touchés. «Pour les autres, on va devoir apprendre à ne plus se plaindre», plaisante François Montet.

L’année viticole 2017 se présente donc comme «normale», après quatre ans difficiles. Elle pourrait même être exceptionnelle: vu la précocité de la maturation, les contrôles qui débutent fin août devraient être très élevés et prédire un millésime 2017 qui fera date.