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Une identité commune à valoriser

  • Vendredi 07 février 2020
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Karine Etter

L’association des Journalistes agricoles suisses s’est intéressée aux difficultés et défis de la vitiviniculture helvétique lors de son traditionnel Apéro du Nouvel An, organisé cette année à la Cave de La Côte, à Tolochenaz (VD).

Ce qui nous ressemble, nous rassemble.» Avec ce message fédérateur, Swiss Wine Promotion (SWP) s’attache à profiler les crus de toutes les régions viticoles de la Suisse sous une identité commune autant pour les vins d’appellation AOC que pour les vins de pays. L’objectif avoué de Nicolas Joss, directeur de SWP, est d’habiller l’ensemble des bouteilles de vins indigènes avec le logo de Swiss Wine Promotion. «Pour remédier aux difficultés actuelles dans la branche, nous devons mieux communiquer et mieux faire connaître les vins suisses en misant sur les valeurs fortes qui les caractérisent», a-t-il souligné devant une quinzaine de journalistes agricoles alémaniques et romands, jeudi 23 janvier, à la coopérative Cave de La Côte, qui a fêté ses 90 ans en 2019 (lire Agri du 30 août 2019, p. 8).

Face à une consommation de vin en recul et à la concurrence des importations, la filière vitivinicole suisse a tout intérêt à se serrer les coudes et à oublier les rivalités régionales d’autrefois. Tout en défendant une visibilité unifiée sur le marché, en priorité dans la grande distribution, SWP respecte les spécificités des différents terroirs viticoles. Ainsi, son logo peut aussi se décliner avec un libellé cantonal ou régional: Vaud, Valais, Genève, Trois-Lacs, Tessin ou encore Suisse alémanique. Les visuels de SWP sont un gage de l’origine suisse du produit, repérables facilement sur l’étiquette, le bouchon, la capsule ou le carton.

Une action spéciale d’urgence

Depuis le mois de décembre dernier, SWP pilote un plan d’urgence, «Vins suisses sans hésiter», soutenu par la Confédération, en réponse à la crise vécue dans la branche et au mécontentement manifesté par bon nombre de vignerons. Un budget spécial est alloué à ce dispositif promotionnel. Les partenaires de la distribution et de la gastronomie assurent un apport initial de 50% et l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) cofinance les mesures à hauteur de 50%, pour autant que les projets respectent les conditions établies par l’OFAG et SWP et que ceux-ci touchent au marketing et à la communication. Le montant global prévu s’élève à un million de francs, dont 300000 fr. ont déjà été investis à ce jour pour relancer les ventes et tenter de réduire les stocks accumulés dans certaines caves.

SWP travaille de manière étroite avec des distributeurs partenaires tels que Denner, Coop, Spar et quelques autres enseignes, «afin d’avoir une présence plus marquée dans les rayons des magasins, en têtes de gondoles et sur les divers supports visuels déployés en grandes surfaces.» Le secteur de l’hôtellerie restauration est également impliqué. Pour Nicolas Joss, il faudrait arriver à proposer des vins suisses à des prix abordables dans la gastronomie. Il trouve exagéré de devoir débourser 55 fr. pour une bouteille de vin de pays, même s’il est conscient que les restaurateurs sont malheureusement contraints de réaliser leurs marges sur les boissons.

Le plan de promotion «Vins suisses sans hésiter» va se poursuivre ces prochains mois. Nicolas Joss insiste sur la nécessité de privilégier les contacts directs avec les petits et grands acheteurs ainsi que les consommateurs pour mettre en valeur les atouts des crus indigènes. «Nous devons expliquer que boire local représente un geste concret pour la planète.» Pour étayer son argumentation, il précise que le label Vinatura est presque devenu une norme générique dans la production viticole suisse et que le bio, y compris la biodynamie, ne cesse de progresser pour répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible à la problématique des traitements phytosanitaires.

Premier impact positif

Quant aux possibilités d’exportations, le patron de SWP entrevoit des perspectives intéressantes en Grande-Bretagne, en Belgique et au Japon où le chasselas jouit d’une excellente notoriété. L’Allemagne s’impose comme le premier marché à l’étranger actuellement, mais ce sont surtout les produits d’entrée de gamme qui y trouvent preneurs.

Néanmoins, c’est en Suisse que les vins indigènes doivent en priorité convaincre pour accroître la préférence nationale du consommateur, plus particulièrement outre-Sarine. Les vins helvétiques représentent près de 35% des ventes, alors que les crus en provenance des pays européens cumulent 55% des parts de marché, avec respectivement l’Italie, la France et l’Espagne en trio de tête. Les vins du Nouveau Monde s’octroient les 10% restants.

Constat réjouissant, «Vins suisses sans hésiter» a déjà un impact positif sur les ventes, selon ses promoteurs.