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Le gel des vignes valaisannes a boosté les ventes de vins vaudois

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Cécile Collet

En 2018, le chiffre d’affaires des vins vaudois a progressé de 7,2%, alors qu’il est en baisse dans les autres régions viticoles.

C’est un peu une victoire par forfait. En 2018, les vins vaudois ont augmenté de 7,2% le volume de leurs ventes dans les grandes surfaces suisses*, pendant que les autres régions viticoles du pays reculaient (entre –8,8% pour la Suisse alémanique et 1,8% pour Genève). Ce recul, notamment des vins valaisans, serait une explication de la progression vaudoise, indique l’Observatoire suisse du marché des vins (OSMV) dans son rapport 2018. Le gel qui a durement touché les coteaux de nos voisins en 2017 a décimé leur fendant et, partant, raréfié son offre dans les commerces (–14,6%). Le généreux millésime 2018 changera sans doute la donne.

Lavaux et Chablais gagnants

Si le chasselas La Côte AOC est toujours le vin blanc le plus vendu dans les supermarchés suisses (5'200'000 bouteilles (–3,1%) contre 2'822'000 pour le fendant Valais AOC, en 2e position), ce sont plutôt les chasselas de Lavaux et du Chablais qui se sont enfilés dans la brèche ouverte par le gel valaisan de 2017. Ces deux vins ont enregistré des progressions exceptionnelles en 2018: +40,3% pour le premier, +21,8% pour le second. Les ventes de Bonvillars AOC ont aussi explosé, mais représentent toutefois une part minime du marché des vins vaudois (1,5%).

En fait, (presque) toutes les régions viticoles vaudoises ont vu leurs volumes et leurs prix augmenter l’année passée, sauf La Côte, qui a reculé sur les deux tableaux, suivant la tendance nationale.

Mais alors que les chiffres des grandes surfaces disent que les ventes de vin suisse ont diminué de 2,9% en 2018, ceux de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) annoncent une hausse de 2,6% de la consommation. Pourquoi une telle différence? «Étant donné la vendange très basse de 2017, on peut imaginer que les producteurs ont donné la priorité à la vente directe», explique Alexandre Mondoux, responsable de l’OSMV. En effet, les chiffres de l’OFAG renseignent sur la quantité de vin vendue par le biais de tous les canaux de distribution (soit environ 60%), pas seulement les grandes surfaces. Ils ne renseignent pas sur les prix.

 

 

La Suisse bat l’Italie (en valeur)

Dans le rapport 2018 de l’OSMV, ces prix restent étonnamment stables (+ 0,3%), contrairement au volume de vente des vins suisses. Et surtout contrairement à la tendance générale de baisse des prix du vin dans ce canal (-2,5%). Cela permet à la Suisse de dépasser l’Italie, plus gros vendeur du pays (28,2% de parts de marché, contre 26,4% pour la Suisse), sur le plan de son chiffre d’affaires (33% pour la Suisse, contre 26,8%). Dans le classement des vins blancs, l’italien est le deuxième moins cher après le vin de pays romand…

Les vins étrangers représentent toujours plus de 73% des vins vendus dans la grande distribution. La majorité de ces bouteilles sont des rouges, mais la part du rosé augmente, suivant la demande, et son prix monte quelle que soit sa provenance. En Suisse, le Valais fournit la plus grande part du rosé AOC. Ce dernier, très présent dans la région des Trois-Lacs (41,6% de la production), est carrément majoritaire à Genève (51,8% des vins).

Le canton de Vaud s’y met aussi. S’il vend encore majoritairement du blanc (plus de 90% dans les trois AOC principales), le rosé progresse. Il représente près de 30% des vins génériques Vaud AOC et près de 20% des vins de Bonvillars.

 

* Le panel Nielsen analyse les ventes de vins suisses et étrangers de Coop, Denner, Globus, Manor, Spar, soit environ 40% des ventes en Suisse. Les rapports sur www.osmv.ch